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Un métier méconnu

Le case management est une méthode d’accompagnement visant à aider les personnes en situations complexes, victimes d’accidents, en arrêt maladie, … En complémentarité des approches traditionnelles, qui ont tendance à être plus cloisonnées, le case management associe quant à lui la mise en œuvre de techniques d’accompagnement mais aussi celles de gestion de projet, facilitant ainsi le parcours des bénéficiaires. L’autonomie, la socialisation, la formation, le retour à l’emploi et l’amélioration de la qualité de vie… comptent parmi les objectifs très concrets poursuivis par les bénéficiaires de cet accompagnement.

A cette fin, le case manager aide les personnes à élaborer un projet personnalisé et fédère autour d’elles des profils très variés : il est ainsi au cœur de l’écosystème de l’ensemble des structures et acteurs d’aide à la personne (assureurs, psychologues, médecins, associations de victimes,…). Il apporte un langage commun pour coordonner les mesures, fédérer et mobiliser l’équipe. C’est une vision de l’accompagnement plus humaine et innovante.

Le site de l’association française de case management

Adopter une logique d’analyse des besoins et de parcours de vie

Jean-Claude Simonet Chargé d’enseignement à la Haute École Spécialisée de Suisse occidentale
Co-responsable du diplôme de case management

En quoi consiste le case management ? Quels sont ses avantages par rapport à d’autres démarches d’accompagnement ?

C’est d’abord une stratégie d’intervention systémique et intégrative. Elle est basée sur une approche globale qui prend en compte à la fois la situation de la personne dans son contexte, son parcours de vie et les multiples prestations dont elle a besoin simultanément. Cette stratégie est mise en place de manière coopérative et coordonnée entre les différents prestataires et le bénéficiaire, avec un référent unique, le case manager, qui joue le rôle de chef d’orchestre.

Pour moi, la plus-value principale du case management réside dans sa manière d’aborder une situation. Dans d’autres approches, ce sont les solutions disponibles qui guident la réponse aux demandes des personnes. Le case management utilise une logique d’analyse des besoins et de parcours de vie pour trouver des solutions sur mesure et qui font sens.

Le case management semble encore moins développé en France que dans d’autres pays. Comment l’expliquez-vous ?

Historiquement, le case management émerge lorsque les professionnels se retrouvent dans l’impasse face à des situations où les solutions classiques ne fonctionnent plus. Je pense qu’en France, il y a actuellement une inflexion dans certains domaines. Dans le handicap par exemple, le rapport Piveteau a récemment proposé 132 solutions permettant de passer d’une logique de la demande à une logique de besoins, et d’une obligation de moyens à une obligation d’accompagnement des personnes. Et on voit de plus en plus de solutions d’accompagnement sous l’angle du case management. La démarche est en train d’émerger.

Constatez-vous des différences dans les dispositifs de case management d’un pays à l’autre ?

J’ai vu des projets de case management en France, en Suisse, en Allemagne… Ce qui les différencie, c’est le contexte d’intervention. Les ressources à disposition, les contraintes et cadres légaux, les cultures et les professions existantes dans le pays donnent des colorations différentes à ces projets. Mais les stratégies et leur mise en œuvre restent les mêmes.

Quel est le profil d’un bon case manager ?

C’est quelqu’un qui accepte l’incertitude et qui est prêt à sortir des sentiers battus. Les solutions standards sont connues, mais ne fonctionnent plus. Le case manager doit imaginer de nouvelles options, de nouveaux agencements de ressources. En ça, il doit être créatif et bricoleur dans le bon sens du terme.

Sa position de médiation est également très importante. Il doit être capable de mettre en relation tous les intervenants et les bénéficiaires, de donner des objectifs et du sens à chacun, de les faire dialoguer et de jongler avec ces différentes contraintes et potentialités. Enfin, le case manager doit être le promoteur de la démarche pour mobiliser toutes les parties prenantes.

Schéma type du case management

Case management : une méthode d'accompagnement alternative et globale

Nous essayons d’apporter des solutions concrètes

Pascal Lavergne

Pascal Lavergne, inspecteur sinistres chez Generali, raconte comment le case management ambitionne d’aider les bénéficiaires à retrouver leur autonomie.

 

Quand les solutions d’accompagnement traditionnelles ne suffisent pas

Sophie Pacheco

Sophie Pacheco, case manager chez Generali, explique le principe des solutions alternatives d’indemnisation (SAI), dont le case management. Une méthodologie différente mais complémentaire aux autres.